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Marcher pieds nus commence chez BÄR.

Pionniers de la liberté

D’origine depuis 1982.

Sensomotricité

Sensomotorik

Conseils exclusifs du Dr Norbert L. Becker

Sensorimotricité

Nous avons déjà beaucoup appris sur le pied, chers lecteurs de mon blog ! Vous avez pu découvrir comment le pied s’est développé, comment il évolue au cours de la vie, ce qui lui confère sa stabilité interne, ce qui le contracte, et ce qui le rend élastique et mobile.

Mais comment se fait-il que l’être humain tienne debout sur ses pieds sans tomber ? Comment peut-il marcher sans sortir de sa « trajectoire » ? Comment est-il possible de se tenir sur une jambe, de sauter et de sautiller ? Comment nos héros peuvent-ils jouer au football sans se tordre la cheville ni manquer leur appui — du moins la plupart du temps ?

Comme l’ensemble de notre corps, nos pieds sont également dotés d’une multitude de capteurs. Ceux-ci nous transmettent des informations importantes. Ils nous indiquent s’il fait chaud ou froid au niveau de nos pieds, ou encore quelle pression s’exerce à quel endroit sur le pied. La plante du pied est tapissée d’éléments sensoriels avec une densité comparable à celle de notre main. Et nous savons tous à quel point nos mains sont extrêmement sensibles. Des millions de capteurs situés dans les pieds transmettent leurs informations par les voies nerveuses au système nerveux central de notre corps, et donc aussi au cerveau : nous savons ainsi quelle pression s’exerce sur la plante du pied, quelle est la structure et la température du sol sur lequel nous nous tenons, et si le support est stable ou s’il vibre ou oscille, comme une barque au moment d’y monter. La position respective des articulations du pied et de la cheville est également communiquée au centre de commande.

Sensorimotricité

Grâce à ses capteurs, le pied nous renseigne également sur les chaussures que nous portons. Ressentons-nous plutôt du maintien et de la stabilité, ou plutôt de l’instabilité, par exemple à cause d’un talon haut ? Les orteils disposent-ils de suffisamment d’espace et la chaussure procure-t-elle une sensation de bien-être, ou le pied est-il comprimé et soumis à une pression ?

Les informations sensorielles sont traitées par le cerveau, où se forme — consciemment ou inconsciemment — une image de la situation de charge du moment, des influences de l’environnement, de la position du corps, de ses mouvements et de sa vitesse dans l’espace. Les perceptions visuelles et celles de l’organe de l’équilibre complètent également les informations périphériques pour former une image complète dans le cerveau.

Le cerveau coordonne cette multitude d’informations à la vitesse de l’éclair, les compare aux informations mémorisées ainsi qu’aux schémas de mouvement appris au cours de la vie, puis commande aux muscles, par l’intermédiaire du système nerveux, de diriger le corps et de coordonner les éléments de l’appareil locomoteur. Des signaux sont donc envoyés du centre de commande vers la périphérie, et nos pieds savent ainsi quels mouvements doivent être exécutés.

Sensorimotricité
Illustration : symbolise les processus de la sensorimotricité, © Laube, Orthopädieschuhtechnik 7/8 2017

Que signifie tout cela en pratique ? Si le pied marche par exemple sur un objet pointu, la plante du pied signale au cerveau, par l’intermédiaire du système nerveux, la sensation désagréable, voire douloureuse, et celui-ci traite cette information. Il fait appel aux informations mémorisées et élabore à la vitesse de l’éclair un schéma de mouvement en réaction, afin d’éviter la douleur ou même la blessure. Des mouvements réflexes sont alors exécutés inconsciemment, ou bien des muscles sont activés consciemment afin de soulager la jambe ou le pied concerné. La pression exercée sur le pied diminue et les signaux douloureux s’atténuent.

Sans la sensorimotricité, nous ne pourrions ni nous tenir debout ni marcher. Elle permet à l’être humain de se déplacer en toute sécurité et protège le corps contre les blessures. La sensorimotricité intervient de manière particulièrement impressionnante lors d’un match de football, par exemple. La sensibilité et les capteurs du pied indiquent au joueur avec quelle fermeté et quelle stabilité sa jambe d’appui repose sur la pelouse, ainsi qu’avec quelle force et quel effet sa jambe de frappe peut exécuter le tir avec son pied.

Notre système sensorimoteur peut être entretenu, entraîné et activé, même si nous ne jouons pas dans le championnat allemand de football. La gymnastique des pieds et les exercices de préhension, le yoga pour les pieds, mais aussi la marche fréquente pieds nus sur différentes surfaces permettent d’obtenir des effets d’entraînement favorables à une bonne fonction sensorimotrice.

Or, nous marchons plutôt rarement pieds nus, et protégeons au contraire nos pieds au quotidien avec des chaussettes et des chaussures. La question se pose donc de savoir comment préserver et soutenir au mieux la fonctionnalité de notre système sensorimoteur.

Si les chaussures sont trop étroites, notamment au niveau de l’avant-pied, si elles sont trop souples, trop rigides ou si leurs talons sont trop hauts, elles modifient les contraintes biomécaniques lors de la marche et de la station debout. Les informations sensorielles sont modifiées ou transmises de manière incomplète. Avec l’âge, la sensibilité et la capacité de perception de la plante du pied diminuent, de sorte que, chez les personnes âgées, les informations concernant la nature du sol et la position momentanée du corps dans l’espace ne peuvent plus être perçues ni traitées par le cerveau avec autant de précision, de rapidité et d’exhaustivité. C’est pourquoi, à un âge avancé, il est particulièrement important de chausser le pied avec une chaussure qui le protège, lui offre de l’espace, mais le soutient également, limite les effets de la perte de sensibilité et stimule la sensibilité restante.